Château Coupin, réunions secrètes des FFI 12-20 Avenue Alexandre Coupin, 13013 Marseille
77
Château Coupin, réunions secrètes des FFI
Arrondissement : 13ème
  • Partager
  • Partager
  • Partager
  • Partager
  • Partager
  • Partager

Dans une avenue qui porte son nom, se trouve le château construit par Alexandre Coupin. Une plaque relate que la demeure abritait les réunions secrètes des opérations des membres des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) pendant la deuxième guerre mondiale.

Château Coupin, réunions secrètes des FFI, Avenue Alexandre Coupin, Marseille

FFI marseillais. Photographie de Julia Pirotte du défilé de la libération sur le Vieux Port à Marseille, 29 août 1944

Les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sont le résultat de la fusion, au 1er février 1944, des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure française qui s’étaient constitués dans la France occupée : l’Armée secrète (AS, gaulliste, regroupant Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA, giraudiste), les Francs-tireurs et partisans (FTP, communistes), etc. La fusion s’opéra à l’instigation notamment de Jacques Bingen. Elle n’était pas destinée seulement à unifier et à donner un cadre « légal » aux forces de la Résistance intérieure, mais aussi à les structurer de manière hiérarchique. C’est le COMAC ou COMIDAC, organe créé en février 1944 par les différents mouvements de résistance sous le commandement du général Dejussieu, qui organise les FFI avant son arrestation en mai 1944. Les FFI jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement allié en Normandie de juin 1944 et dans la libération de la France. Le commandant des forces alliées en Europe, le général Eisenhower, estima l’aide apportée par les FFI à l’équivalent de quinze divisions régulières.

Château Coupin, réunions secrètes des FFI, Avenue Alexandre Coupin, Marseille

Combat de rue pendant la libération de Marseille

Certains historiens relativisent aujourd’hui ce jugement : selon Jean-François Muracciole, spécialiste de la Résistance, « sans l’aide de la Résistance, les Alliés auraient sans doute libéré la France en respectant un calendrier guère différent ». Les effectifs des FFI étaient de 100 000 en janvier 1944, 200 000 en juin et 400 000 en octobre. À l’issue de la libération de la France, 114 000 FFI au total (30 %) s’intégrèrent ensuite dans l’armée française régulière, en particulier au sein de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny, dans le cadre de ce qui a été appelé à l’époque « l’amalgame » des Résistances intérieure et extérieure. Les pertes des FFI, longtemps estimées à environ 20 000, ont été revues à la baisse par des recherches récentes. Elles sont de 13 679 FFI tués dont 3 000 victimes d’exécutions sommaires. 70 % des tués l’ont été entre juin et septembre 1944.

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le lundi 21 août 1944, ils lancent l’insurrection accompagnée d’un mot d’ordre de grève générale. Ils occupent rapidement nombre de bâtiments et de carrefours mais, mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu’à l’arrivée des tirailleurs algériens de la 3e division d’infanterie algérienne (3e DIA) du général de Monsabert et des goumiers marocains du général Guillaume appuyés par le Combat Command (CC1) de la 1re division blindée (1re DB) qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23. Les Allemands se méprennent tant quant à l’importance de l’insurrection qu’à celles des forces régulières en présence, bluffés par les actions des différents partis de la résistance et par la rapidité de l’extension de l’offensive depuis le débarquement qui les mènent à des erreurs stratégiques : le rapport de force serait de 4 pour un en faveur des Allemands si l’on s’en tient aux forces régulières selon certains. 

Les combats avec l’armée allemande se poursuivront malgré tout plusieurs jours, jusqu’à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le bombardement de Marseille a été évité et s’est limité aux batteries des iles du Frioul. Le 29, le général de Lattre assiste au défilé de l’armée d’Afrique sur la Canebière.

SOURCES Marianne Ruelle Marseille Autrement & wikipedia
PHOTOS Marianne Ruelle Marseille Autrement & J-Pirotte & archives.ecpad.fr

Map Direction